RSA, prime d’activité et CEJ : quelles aides pour les jeunes ?
Le Revenu de solidarité active (RSA)
Le Revenu de solidarité active (RSA) est une prestation sociale qui vise à garantir un minimum de ressources aux personnes en difficulté, modulée selon la composition du foyer. Pour en bénéficier, il faut avoir au moins 25 ans, résider de façon stable en France et respecter des plafonds de revenus. Des exceptions existent pour certains étrangers ou personnes isolées, notamment les femmes enceintes ou parents isolés d’enfants de moins de 3 ans. Depuis 2025, les bénéficiaires doivent s’inscrire auprès de France Travail et respecter un contrat d’engagement incluant 15 heures d’activités hebdomadaires.
Le montant du RSA varie : par exemple, une personne seule perçoit 646,52 €, un couple sans enfant 969,78 €, avec des majorations selon le nombre d’enfants ou de personnes à charge. Cette aide est financée par les départements et versée par la CAF ou la MSA. Les bénéficiaires peuvent aussi accéder à des droits connexes, comme la complémentaire santé solidaire et certaines aides au logement.
Le RSA Jeune Actif, créé pour les 18-25 ans, impose des conditions d’accès très strictes : il faut avoir travaillé deux ans à temps plein sur les trois dernières années. Cette version du RSA reste très peu utilisée, avec seulement 800 bénéficiaires en 2024 selon la Cour des comptes, en raison de sa faible notoriété et de ses exigences restrictives.
La prime d’activité
La prime d’activité, entrée en vigueur en 2016, vise à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs modestes et à encourager l’emploi. Elle est versée par la CAF ou la MSA, calculée selon un forfait, des bonifications individuelles et les revenus professionnels du foyer. En 2025, la bonification maximale atteint 184,27 € pour un revenu d’au moins 1 416 €. Pour y accéder, il faut habiter en France, exercer une activité professionnelle ou être indemnisé au chômage partiel, et respecter les conditions de nationalité ou de séjour.
Le Contrat d’engagement jeune (CEJ)
Pour les moins de 25 ans exclus du RSA, le Contrat d’engagement jeune (CEJ) a été mis en place en 2022. Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ni formation, leur proposant un accompagnement intensif par un conseiller. Les bénéficiaires peuvent recevoir une allocation mensuelle jusqu’à 561,68 €, selon leur autonomie fiscale et familiale, et doivent s’engager dans 15 à 20 heures d’activités par semaine. Ce contrat dure de 6 à 12 mois, parfois prolongé jusqu’à 18 mois, et prévoit des sanctions en cas de non-respect des engagements.
Des aides régulièrement questionnées
Ces dispositifs sont régulièrement interrogés quant à leur accessibilité pour les jeunes. Le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) questionne la pertinence de l’âge minimum de 25 ans pour le RSA, alors que dans la plupart des pays européens, il n’existe pas de seuil d’âge similaire. D’un côté, abaisser l’âge d’éligibilité pourrait réduire une forme de discrimination, mais de l’autre, cela risquerait de décourager la poursuite des études ou l’accès à l’emploi.
Le RSA Jeune Actif, jugé « inopérant », pourrait être mieux promu ou voir ses critères d’activité assouplis. Concernant le CEJ, ses différences avec le RSA soulèvent la question de la légitimité d’un traitement différent selon l’âge, d’autant que la réforme du RSA rapproche désormais ses exigences (obligation d’activité, sanctions) de celles du contrat jeune.
La prime d’activité présente aussi des spécificités pour les jeunes : elle n’est accessible qu’à partir de 18 ans, ce qui peut entraîner des disparités pour les travailleurs juste en dessous de ce seuil. De plus, les étudiants, stagiaires et apprentis dont la rémunération est inférieure à 1 104,25 € sont exclus, engendrant des écarts de revenus importants et parfois une incitation à renoncer aux études ou à la formation.
En résumé, si la France dispose de plusieurs dispositifs pour soutenir les jeunes en difficulté, leur accès demeure complexe et parfois inadapté aux réalités du public visé. Les débats actuels portent sur l’équité des critères d’âge, la pertinence des conditions requises et la nécessité de simplifier ou d’unifier ces aides pour mieux répondre aux besoins des jeunes en insertion sociale et professionnelle.
Au-delà des aides, le babysitting permet de gagner un petit peu d’argent et représente une belle occasion de croissance.